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Faire vivre le rêve Européen par Alban Saliot
A l’occasion de l’anniversaire du discours de Robert Schuman, choisi comme acte de naissance de la construction européenne, il est intéressant d’observer l’actualité européenne au prisme du projet et du contexte de ce discours fondateur.

La déclaration de Schuman, prononcée le 9 mai 1950, annonce la création de la Communauté Européenne du Charbon de l’Acier (CECA). 5 ans seulement après la fin des combats sur le front européen, elle initie une union économique entre des Etats qui se sont entretués durant 6 années consécutives. Cette union vise, qui plus est, un domaine d’activité hautement stratégique pour les forces armées mais également pour la reconstruction des pays dévastés par la guerre. Ainsi, après 3 guerres successives qui ont décimé les populations et détruit leurs économies, 6 ans après le plus grand massacre de leur histoire, 6 Etats européens s’unissent pour éloigner durablement le spectre de la guerre.

63 ans plus tard, la construction européenne est victime de son succès, puisque la longue période de paix a amené les Européens à oublier cette mission première de l’Europe. Pourtant, le récent succès diplomatique de l’Union Européenne, qui a permis de normaliser les relations entre la Serbie et le Kosovo, doit nous rappeler que cette mission est toujours d’actualité. Elle doit également nous amener à développer la force pacificatrice de l’Union Européenne à l’extérieur de ses frontières. C’est pourquoi l’UDI défend un véritable projet de communauté européenne de la défense.

La déclaration de Schuman, c’est également l’acte de création du couple franco-allemand. La France et l’Allemagne étaient alors deux voisins ennemis, qui se sont livrés à trois affrontements meurtriers en moins d’un siècle et qui sortent à peine du dernier et du plus meurtrier (60 millions de morts). Ce sont également deux Etats dévastés par la guerre, dont les économies sont effondrées.

Après 63 ans de construction commune, une crise économique qui fait stagner les économies nationales et oblige les Etats à renouer avec le bon sens économique (contre l’endettement illimité) semble suffire, pour certains, à remettre en cause le couple franco-allemand voire la construction européenne dans son ensemble, alors même que c’est grâce à elle que des économies fragiles n’ont pas implosé ! A l’UDI, nous croyons au contraire que notre redressement économique passe par une plus grande coopération économique européenne, à travers une gouvernance économique (corollaire de la solidarité induite par la monnaie unique) et une véritable stratégie industrielle européenne.

Enfin, la déclaration de Schuman est un appel à la coopération européenne pour faire face aux grandes puissances. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide s’installe et menace de transformer l’Europe, affaiblie par la guerre, en satellite des deux puissances qui s’affrontent. L’Europe occidentale craint surtout que la tutelle soviétique ne s’étende jusqu’à l’Atlantique. La proximité de ce danger, symbolisée par le « rideau de fer », convainc les européens de l’ouest de s’unir pour ne pas être absorbés.

Aujourd’hui, si les grandes puissances sont plus nombreuses, chaque Etat européen n’en demeure pas moins trop petit pour peser sur la scène internationale face aux Etats-Unis, à la Chine, au Brésil, à l’Inde… Dans une Europe à nouveau en situation de faiblesse économique et démographique, le repli sur soi (prôné notamment par le FN) ne peut être que mortifère. Il faut, plus que jamais, que l’Union Européenne parle d’une seule voix, sur les plans diplomatiques, économiques…

Héritiers du rêve européen, nous demandons aux responsables politiques français de cesser la dénonciation hypocrite d’une politique européenne à la définition de laquelle notre pays participe et sans laquelle notre situation nationale serait beaucoup plus périlleuse (lorsque l’on est surendetté, mieux vaut s’appuyer sur un garant respecté, la monnaie unique, et négocier avec ses partenaires européens que s’appuyer sur une monnaie nationale faible et négocier directement avec ses créanciers !). Nous appelons surtout à un sursaut de lucidité, afin que les citoyens et leurs élus réalisent que les solutions aux difficultés économiques que nous connaissons ne peuvent résider qu’au niveau européen.

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