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Franck Leroy : "Une réforme des rythmes scolaires déjà décevante"

Parmi les réformes que le gouvernement s'est empressé d'engager figure la modification des rythmes scolaires, sensée constituer une avancée importante pour nos enfants.

L'historique de cette réforme pouvait laisser espérer une issue consensuelle. La réflexion avait été engagée par Luc CHATEL, ministre de l'Education Nationale du gouvernement FILLON, et Vincent PEILLON, lors de sa prise de fonction, avait annoncé qu'elle figurerait parmi ses priorités.

Malheureusement, le gouvernement actuel a confondu vitesse et précipitation et ce qui devait être une réforme de référence en matière d'éducation va, au final, s'achever en "réformette" ne faisant, au passage, que des insatisfaits.

Pour réussir cette réforme, il fallait d'abord être ambitieux et bousculer les conservatismes. Diminuer significativement le nombre d'heures d'enseignement chaque jour, impliquait nécessairement une réduction des grandes vacances qui auraient pu bénéficier d'un système de zones aujourd'hui éprouvé.

Vincent PEILLON, de peur d'affronter les syndicats conservateurs, s'est contenté de rétablir une demi-journée d'enseignement par semaine (mercredi ou samedi) qui ne changera pas fondamentalement la situation des enfants si ce n'est qu'il devront se lever le mercredi matin au lieu de profiter d'une matinée de repos. Au total, le rythme scolaire quotidien ne baissera que de 30 minutes par jour…

Comment peut-on nous faire croire qu'il s'agit là d'une avancée considérable ?

Seront sacrifiées la grasse matinée du mercredi, les activités sportives ou culturelles de cette même matinée, fragilisant par là-même toute une partie du tissu associatif.

Cette modification, qui ne répond en rien à l'ambition initialement annoncée, suscite déjà des protestations.

Des enseignants qui perçoivent les effets insignifiants de cette réforme et qui, pour certains d'entre eux accueillent fraîchement la perspective d'une demi-journée hebdomadaire d'enseignement.

Des parents d'élèves qui vont devoir bouleverser toute leur organisation familiale sans mesurer vraiment le gain escompté. Des collectivités locales enfin qui sont les "dindons de la farce" et qui vont devoir mobiliser des agents le mercredi et chaque jour de semaine puisque la demi-heure de cours en moins sera compensée par des activités scolaires à la charge des communes. Pour la Ville d'Epernay, les premières estimations laissent entrevoir des coûts supplémentaires à 60.000 € par an, partiellement compensés par l'Etat… la première année seulement !

Beau résultat M. PEILLON !

Cette réforme est malheureusement à l'image des faiblesses de notre pays et de l'incapacité de nos gouvernants à engager des réformes structurelles capables d'améliorer significativement nos performances.

Autrefois, Alain PEYREFITTE parlait d'un "mal français". Force est de constater que ce mal n'a pas été vaincu et que notre pays se modernise lentement – pour ne pas dire très lentement – là où nos partenaires, qui ont déjà de bonnes longueurs d'avance sur nous, continuent d'avancer à un rythme soutenu.

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