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Le Parti Libéral Démocrate (PLD) rejoint l'UDI, Interview
Le Parti libéral démocrate (PLD), mouvement libéral et pro-européen, a rejoint la semaine dernière l'Union des démocrates et indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo. Le président du PLD revient sur les raisons de ce choix.

Le Parti Libéral Démocrate rejoint l’UDI. Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre le parti de Jean-Louis Borloo ?

Aurélien Véron : Lorsque Jean-Louis Borloo nous a sollicités pour qu’on le rejoigne, nous avions bien à l’esprit nos différences. En même temps, nous savions que l’UDI rassemblait différentes sensibilités et qu’on y respecterait notre liberté de pensée, notre ton. Nous avons donc naturellement accepté son invitation : « nous pensons différemment, nous avons donc quelque chose à apporter à l’UDI ». Quel intérêt aurions-nous eu de rejoindre une famille où tout le monde partage déjà nos idées ?

Issus de la société civile et non pas baignés dans l’univers d’une carrière politique, nous pouvons aussi apporter nos expériences du quotidien des Français que nous partageons. Nous savons ce qu’est une entrepreneur, la vie d’un indépendant, les appréhensions des salariés, les angoisses des chômeurs, parce que nous le sommes nous aussi. Ce point de vue bousculera certainement l’UDI, c’est donc de bon augure que nous y soyons conviés.

Le PLD revendique être le seul parti authentiquement libéral du paysage politique français. Ne craignez-vous pas de voir votre identité se diluer en rejoignant l’UDI ?

Notre adhésion n’est pas une fusion. Nous allons défendre notre ligne et nous exprimer comme nous le faisions jusqu’ici, librement et dans le respect de nos partenaires. Mais ce n’est pas tout. Si nous ne sommes pas capables de transformer nos convictions en adhésion de membres de l’UDI, inutile de vouloir partir à la conquête de l’électorat. Je pense au contraire que si nous sommes percutants dans nos argumentations, l’UDI peut devenir une excellente caisse de résonance en reprenant nos thèmes.

Nous avons aussi beaucoup à apprendre de nos partenaires au sein de l’UDI. Le PLD est un parti de conviction, ce qui ne signifie pas un parti dogmatique. Nous-mêmes avons modifié notre ligne au fil de nos propres débats. Nous aimons l’échange, et acceptons d’évoluer sur des propositions argumentées lorsqu’elles ne sont pas incompatibles avec nos valeurs. Nous croyons à la complémentarité pour convaincre l’électorat et faire avancer notre cause de manière concrète, sans sacrifier notre identité libérale.

Avez-vous également envisagé un rapprochement avec l’UMP ?

Nous avons des amis à l’UMP. A notre Bureau Politique, des figures comme Charles Beigbeder tiennent des responsabilités au sein dans ce parti. Mais l’expérience passée des Réformateurs ne nous a pas enthousiasmés. Les libéraux ont été régulièrement piétinés alors que des mesures remarquables sont de leur fait, par exemple le statut d’auto entrepreneur qu’on doit à Hervé Novelli.

L’enlisement de la guerre des chefs et les soucis financiers de cette formation menacent sa pérennité. Et puis la ligne de plus en plus nationaliste et dirigiste de l’UMP, confirmée par l’arrivée de la motion de la Droite Forte en première position, ne nous rassure pas. L’effet Buisson-Peltier, difficilement compatible avec le projet de société du PLD, n’est pas prêt de s’estomper. Nous avons donc choisi de ne pas envisager cette option.

En quoi l’UDI est-il un parti plus libéral que l’UMP aujourd’hui ?

L’UMP a voulu imposer à sa création le parti unique et le chef unique. Le résultat a été un désastre pour le centre et la droite, ainsi que pour le pays. Ce n’est pas un hasard si les libéraux se sont progressivement éteints dans cette caserne. A l’opposé de cette culture du chef et du pas cadencé doigt sur la couture, l’UDI est un parti beaucoup plus ouvert au débat et à la diversité des sensibilités. Des voix libérales s’y font régulièrement entendre. Jean Arthuis est un ardent défenseur de la rigueur budgétaire, ainsi que de l’allègement drastique des réglementations du travail. On a entendu Hervé Morin tenir des propos qui auraient pu être ceux du PLD. Bref, le terreau est beaucoup plus adapté à l’émergence d’un pôle libéral fort, avec l’appui d’alliés de poids. Avec Arnaud Dassier, Anne Bourdu, Philippe Karsenty et tous les cadres du PLD, nous allons y travailler avec énergie.

Jean-Louis Borloo s’est prononcé en faveur de la nationalisation de Florange. Partagez-vous son point de vue ?

Nous avons clairement exprimé notre opinion sur cette idée saugrenue de nationalisation qui constitue une violation grave du droit de propriété. Comment le gouvernement rendrait profitable une usine à l’arrêt depuis 18 mois sur un marché hyper volatile alors qu’Arcelor-Mittal a perdu 709 millions $ sur le dernier trimestre ? Plutôt que de dilapider de l’argent public et de faire fuir les investisseurs pour protéger des activités déclinantes, l’urgence consiste à créer les conditions favorables à la création de nouveaux emplois qui compenseraient largement les licenciements.

Nous souhaitons faire avancer le débat à l’UDI et, plus largement, en France. Des retours favorables de cadres de l’UDI nous confirment que nous nos idées ont un gros potentiel de séduction au sein de cette famille hétéroclite. Nous avons aussi à apprendre de nos partenaires de sensibilité différente. Nous n’avons aucune raison d’avoir peur de la confrontation des idées. Que les meilleures propositions l’emportent !

Par atlantico.fr, le 20 janvier 2013
Tag(s) : #revue de presse

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