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Leroy : « Bernon, ce n'est pas Chicago ! »
ÉPERNAY (Marne). Jamais conseil de quartier n'avait connu une telle affluence ! Pas d'ordre du jour mais une parole libérée après le meurtre qui a plongé Bernon dans le chaos.

LE débat a parfois été houleux. Pourtant, moins d'un mois après le meurtre de Zaccharia, comment pouvait-il en être autrement ? Mais la discussion qui a en a découlé a surtout été constructive lors de ce conseil de quartier que Franck Leroy a voulu sans ordre du jour particulier. « Cette réunion doit être pour chacun, l'occasion de pouvoir s'exprimer », précisait, d'emblée, le maire d'Epernay.

Au cœur de cette réunion à laquelle bon nombre d'habitants assistaient, la sécurité essentiellement mais pas seulement. « Combien d'armes circulent à Bernon ? » interrogeait une représentante associative. Le commissaire Daubigny qui assiste aux réunions de quartier s'est voulu catégorique : « Nous sommes plus proches de zéro que des 50 ».

Le policer qui s'appuie d'ailleurs sur les descentes régulières de ses services dans les caves « afin de s'assurer qu'elles ne servent pas de planques ». Il a d'ailleurs rappelé que le dernier fait impliquant une arme - en dehors du meurtre - était un coup de couteau « sur fond de rupture ».

25 % de délinquance en moins

Présents à la réunion, certains habitants n'ont pas hésité à faire référence à des faits graves concernant les armes mais également des faits d'incivilité à Bernon. « On n'a pas voulu déranger la police pour ça ! » a-t-on pu entendre. Benjamin Daubigny qui a alors rappelé l'importance de composer le 17, expliquant que « le temps de réactivité de la police était de 8 minutes ».

De l'avis de tous pourtant, ce n'est pas tant l'insécurité qui règne à Bernon, « mais un fort sentiment d'insécurité », confiait un habitant. « Bernon, ce n'est pas Chicago ! » a-t-il martelé. Franck Leroy a tenu à souligner qu'en 2012, « la délinquance avait baissé de 25 % à Bernon. Elle est moindre que dans le centre-ville par exemple ». Pour les représentants de l'association culturelle des Turcs : « On a l'impression que la délinquance a changée, qu'elle est plus violente ».

S'est alors posée naturellement la question des responsabilités.

Marc Lefèvre, élu de l'opposition, qui assistait pour la première fois à un conseil de quartier à Bernon réclamait, plutôt maladroitement « plus de considération de la part de la municipalité pour la population de Bernon ». Le débat aurait pu basculer à ce moment-là. Heureusement, il n'en a rien été, tous les protagonistes de cette rencontre étant conscients de son enjeu.

Plus d'éducateurs à Bernon

« Avec un budget de 100 M € pour réhabiliter le quartier, il est grave de dire que nous n'avons aucune considération pour Bernon », répliquait Franck Leroy, tuant la polémique dans l'œuf. De son côté, le club de prévention a insisté sur les moyens mis en œuvre : « Amener les jeunes à l'emploi, c'est leur permettre de sortir de la spirale de la délinquance ».

Pour Franck Leroy, « la Ville est derrière ces associations mais il y aura toujours des gens qui passeront au travers ».

Difficile donc de répondre à la question d'une habitante : « Vous leur trouvez un travail mais après 18 heures, qui les empêche de faire des conneries ? »

Pour la directrice de la MPT, « des pistes sont lancées, tout reste à écrire ». Ce soir-là, le club de prévention a annoncé que la présence d'éducateurs sur Bernon serait accrue. De son côté, le maire a précisé : « Nous travaillons à un projet de Maison des Parents et de l'Enfant qui permettra de rassembler dans un même lieu, des intervenants sur le domaine de la parentalité ».

Et à Nicole Gilles, présidente de la Maison de l'Enfant, de confier : « On ne peut pas dire qu'il n'y a rien sur Bernon. Et puis, les jeunes n'ont pas tous les droits ! »

L'éducation ! On touche sans doute là, au cœur du problème…

Source : L'Union, par Corinne LANGE - le 20/01/2013
Tag(s) : #revue de presse

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