Anne-Sarah Moalic, porte-parole des Jeunes UDI de la Marne, réagit au vote de la loi sur la réforme des élections locales.
La parité, oui, mais à quel prix ?
Mercredi 18 avril a été voté un texte de loi sur la réforme des élections locales. On y trouve plusieurs mesures importantes – comme les procédures d’élection des conseillers communautaires au suffrage universel ou encore un redécoupage des cantons – et un changement de dénomination, les conseils généraux devenant conseils départementaux – ce qui est une bonne chose si l’on veut rendre les instances locales plus lisibles pour les citoyens. Mais la mesure phare de ce texte reste l’introduction d’un nouveau mode de scrutin pour les conseillers départementaux : celui de binômes paritaires de candidats.
La parité politique, instaurée depuis 2000, a fini par convaincre plusieurs élu€s qui avaient à l’époque voté contre. Elle continue ainsi son expansion en touchant aujourd’hui une sphère départementale profondément en retard sur la question : seulement 14 % de femmes élues aux dernières élections cantonales et six présidentes de conseils généraux. S’attaquer à ce problème est une bonne chose, mais le binôme paritaire n’est qu’une solution de façade ! Automatiquement, le nombre de conseillères va augmenter, ce dont on pourra se féliciter, mais à quel prix ?
Ce système du binôme paritaire, rejeté dans les deux assemblées par l’UDI, a trop de failles. Accoler systématiquement un homme et une femme, c’est leur enlever, à l’un et à l’autre, une part de leur indépendance. C’est les forcer à tenir, au moins durant la campagne, un discours commun, lissé, au risque d’afficher au grand jour des mésententes. En outre, il s’agit d’une mesure peu valorisante pour les femmes, dont on nie la capacité à être candidate seule. À quelques exceptions près, les hommes déjà en poste et candidats à leur réélection iront proposer à des femmes qu’ils connaissent d’être leur binôme, avec, peut-être, un moindre souci de leurs compétences et l’idée que le « profil » choisi leur servira dans leur campagne.
La liberté des candidats est ainsi restreinte à plus d’un titre. Même le sexe de leur suppléant est choisi par la loi : puisque le conseil départemental doit être strictement paritaire et le rester, le suppléant doit être du même sexe que le candidat (une loi de 2008 instaurait au contraire un suppléant du sexe opposé).
D’autres solutions existaient pourtant : l’instauration d’un scrutin de liste, comme aux régionales, ou encore la mise en place de sanctions financières en cas de non-respect de la parité, comme pour les autres scrutins uninominaux (malgré la faible efficacité de ces sanctions). Sans oublier, bien entendu, le soutien aux femmes au sein des partis et l’éducation citoyenne dès le plus jeune âge, actions qui ne peuvent être le fruit d’une loi mais qui doivent devenir des réflexes.
On peut espérer que l’entrée de la parité dans les communes de 1000 à 3500 habitants, grâce à l’abaissement du seuil de population inscrit dans la loi sur les élections locales, participera à cette éducation citoyenne et fera naître des vocations chez les femmes.
Cette parité locale est au croisement de deux préoccupations majeures de l’Union des Démocrates et Indépendants : la valorisation des élus territoriaux et la féminisation des forces politiques. Nul doute que l’UDI apportera un soutien constructif à toutes les candidates lors des prochaines échéances électorales, quelle que soit la nature du scrutin !
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