PARIS, 20 mars 2013 (AFP) -
Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, a reproché mercredi à Jean-Marc Ayrault de n'avoir répondu ni aux questions des Français, ni de l'opposition à l'Assemblée, en confirmant que les députés de son groupe voteraient la motion de censure de l'UMP contre la politique économique du gouvernement.
Affirmant que "les Français sont perdus et ne comprennent ni votre cap, ni vos décisions", l'ex-ministre redevenu député a lancé au Premier ministre : "Votre discours de cette après-midi l'atteste, vous ne nous avez pas entendu, mais pire, vous n'entendez pas les Français".
Il a reproché au gouvernement de n'avoir "pas dit la vérité aux Français", d'avoir fait des "erreurs manifestes" notamment par la suppression des heures supplémentaires défiscalisées et de n'avoir "pas de cap".
"Vous avez pris des décisions extrêmement néfastes en matière d'emploi dans deux secteurs, qui ne dépendent ni de la crise internationale, ni du niveau de l'euro, ni des Chinois, ni des Américains, mais de vous seuls et qui représentent, directement ou indirectement, entre un quart et un tiers des salariés privés" : le bâtiment-logement et les services à la personne, a lancé M. Borloo.
Pour cet ex-ministre de l'Emploi, cet "écart entre les bonnes et mauvaises décisions, c'est 300.000, 400.000, 500.000 emplois, c'est deux fermetures du site industriel d'Aulnay-sous-Bois tous les deux jours".
Mais, s'est écrié le chef de file des députés de l'UDI, "le plus grave de tout c'est que les Français ne savent plus où ils vont".
"Vous aviez promis la croissance ils ont l'austérité, ils ont perdu confiance en l'avenir et ont stoppé leurs investissements (...) Pour remettre la France en mouvement et après avoir augmenté de plus de 30 milliards (d'euros) les prélèvements obligatoires, ils ont le droit de savoir si la ponction va continuer ou s'arrêter", selon M. Borloo.
"Les Français peuvent comprendre la difficulté, mais ils veulent savoir", a-t-il jugé.
Peu après, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, M. Borloo disait avoir "l'impression que François Hollande s'est gardé les annonces" pour son intervention médiatique, prévue dans quelques jours.
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