En ce 22 mars 2013, journée mondiale de l'eau, l'accès à l'eau et à l'assainissement apparaît plus que jamais comme l'un des plus grands défis humanitaire, sanitaire, environnemental et socio-économique de notre temps
Depuis de nombreuses années, l’Union européenne et le Parlement européen travaillent sur ces questions essentielles pour les citoyens. À travers sa législation, l’Union européenne veut assurer aux Européens une eau de qualité, débarrassée des produits chimiques potentiellement dangereux pour la santé. Au-delà, grâce à son aide au développement, l’Union européenne contribue de façon décisive à l’amélioration des conditions d’accès à l’eau et à l’assainissement dans les pays tiers.
Cette double action de l’Union européenne en fait un modèle à travers le monde sur tous les enjeux liés à l’eau. Plus que dans d’autres domaines politiques, quand l’Europe s’exprime sur l’eau, le reste du monde l’écoute avec intérêt. En tant que députée européenne, j'ai pu moi-même le constater et l'apprécier, lorsque j'ai porté une résolution du Parlement européen au Forum Mondial de l'Eau, il y a un an, à Marseille. Les cinq grandes orientations de cette résolution du Parlement européen y ont été très largement plébiscitées :
• L’accès à l’eau et à l’assainissement doit être considéré comme un droit fondamental et universel. Le Parlement européen demande une réflexion mondiale sur ces questions, notamment à travers les réunions du Forum Mondial de l’Eau.
• Le Parlement européen demande à la Commission européenne et aux États membres de s’engager davantage en faveur de la réalisation complète des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Le fait que l’objectif de l’accès à l’eau ait été atteint dès 2010 ne doit pas conduire à réduire mais à renforcer les efforts. C'est le signe que tout est possible.
• Le Parlement européen appelle à une gestion des ressources en eau par bassins et à un traitement des pollutions à la source afin d'en limiter au maximum les conséquences.
• Le Parlement européen demande aux États membres d'adhérer à la Convention des
Nations Unies de 1997 sur les cours d’eau internationaux afin d’assurer une meilleure
gestion de ces masses d'eau transfrontalières.
• Le Parlement européen encourage les pouvoirs locaux de l'Union européenne à consacrer une part des redevances perçues auprès des usagers à des actions de coopération décentralisée comme certains États membres l’ont mis en place, par exemple la France avec le principe du "1% de solidarité pour l'eau", issu de la loi Oudin-Santini.
Sur le plan international, c’est le Conseil mondial de l’eau qui constitue l’acteur de référence pour les problématiques liées à l’eau. En tant que membre du Conseil des Gouverneurs de cette organisation, j'en partage pleinement l'objectif : une mobilisation de l'ensemble des acteurs pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement à travers le monde.
Au cœur des priorités du Conseil mondial de l’eau se trouve le concept de « Water Security », qui se définit comme l'exigence de disponibilité de la ressource en eau en quantité et qualité suffisantes pour garantir la santé, les moyens de subsistance, les écosystèmes et la production. Cette exigence doit être associée à un niveau acceptable de risques pour les hommes, l’environnement et l’économie. Ce concept de « sécurité hydrique » s’inscrit désormais parmi les enjeux stratégiques du monde de demain, au même titre que la sécurisation nucléaire, alimentaire ou maritime. Il est indissociable du défi de l’accès à une eau de qualité pour tous : pour tous les individus d’abord, mais également pour tous les usages. Il est fondé sur 3 piliers :
• La sécurité éthique qui vise à garantir l'eau nécessaire pour nourrir la population planétaire et l’accès pour tous à une eau saine afin de réduire le nombre de décès liés aux maladies hydriques.
• La sécurité écologique qui renvoie à la nécessité de restituer à la nature l'eau indispensable à la préservation de la biodiversité et au maintien des écosystèmes. Nous devons sortir de la spirale « traiter de plus en plus une eau de plus en plus polluée ». Il est nécessaire d’agir en amont afin de préserver les ressources en eau ou stopper leur dégradation puis restaurer leur qualité.
• La sécurité économique pour la croissance parce que la protection de l’eau est une condition de la production de biens et de services nécessaires au développement et à
l'élévation des niveaux de vie.
À l’heure où le monde change si vite et où les défis éthiques, écologiques et économiques
sont si grands, il nous faut tous essayer de construire pas à pas l'« économie verte » pour
l’avenir de l’humanité. En ce sens, souhaitons que l'année 2013, placée par les Nations Unies
sous le signe de la coopération internationale dans le domaine de l'eau, permette de faire avancer la cause de l’eau, au service des hommes de la planète bleue.
Sophie Auconie
Députée européenne
Gouverneur au Conseil mondial de l'eau
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